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L'antre des opinions

Les Huit Salopards : Tarantino toujours aussi génial !

31 Janvier 2016 , Rédigé par Philippe Publié dans #Cinéma (sorties récentes)

Quelques années après la fin de la guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth fait route vers la ville de Red Rock où il doit livrer à la justice sa prisonnière, Daisy Domergue. Ils rencontrent sur la route le major Marquis Warren, un ancien soldat de l'Union devenu lui aussi chasseur de primes et Chris Mannix, qui se présente comme étant le nouveau shérif de Red Rock. Alors qu'ils sont surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans un relais de diligence où se trouvent déjà quatre autres personnes : Bob, qui s'occupe du relais en l'absence de la propriétaire, Oswaldo Mobray, le bourreau de Red Rock, le conducteur de troupeaux Joe Gage et le général confédéré Sanford Smithers. Coincés par la tempête, les huit voyageurs vont s'engager dans une série de tromperies et de trahisons.

L'affiche du film !

L'affiche du film !

Alors nouveau coup de génie de Tarantino avec ce huitième film ou les critiques de presse, qui se pensent à tort les têtes bien-pensantes du cinéma, ont-elles raison ?

Les Huit Salopards est, pour moi, un film qui s'inscrit parfaitement dans la veine de Tarantino. Ce film met aussi en avant une autre facette du réalisateur qui restait assez méconnu et qui disparaissait derrière l'action omniprésente de ces autres films : la qualité de ces dialogues.
Si vous allez voir ce film, ne vous attendez pas à voir de l'action à tout bout de champ comme dans un Django ou un Kill Bill. Ici, l'action est reléguée en arrière plan et le film fait la belle place aux dialogues.

Et quels dialogues : à la fois incisifs, drôles, mais surtout Tarantino manie habilement le sous-texte.
Vous pouvez très bien regarder le film sans trop vous attarder sur la complexité des dialogues et ce qu'ils cachent de critiques : le plaisir du visionnage sera présent. Mais si vous vous intéressez au sous-texte, il y a quelque chose d'intéressant à creuser et tout un aspect critique sur la société américaine d'après la Guerre de Succession.

Alors reprocher à ce Tarantino d'être trop bavard est un comble sachant que les dialogues ont toujours eu une importance dans sa filmographie. Surtout que Tarantino sait écrire des dialogues lourds d'horreur, de violence et de sens. Rappelez-vous la scène d'ouverture d'Inglorious Basterds qui est tout en dialogue et qui est impressionnante par sa maîtrise !
Tarantino montre avec Les Huit Salopards qu'il sait captiver et réjouir le spectateur avec son écriture et non pas seulement avec des scènes d'actions.

Je digresse et je vais revenir à la trame scénaristique du film.
Et je vous rassure immédiatement, le huis-clos est parfaitement géré. Les différents enjeux ou liens entre les personnages ne se révèlent que le moment venu, ce qui garantit à chaque fois l'effet de surprise. On est captivé par le film de bout en bout et pas une seule seconde malgré la durée de presque 3h de ce dernier, notre attention décroche.
Chaque scène est habilement amené et tout s'emboîte de manière logique.
Bien sûr, on aura droit à quelques scènes d'action dans le pur style Tarantino avec des gerbes de sang démesurées (depuis quand le corps humain dans un film de Tarantino ne contient que 5L de sang ?), des crânes aussi solides que des pastèques, mais au final au diable le réalisme biologique chez Tarantino. De plus, n'importe qui ayant vu un film de Tarantino sait qu'il aime l'exagération et que cela fait partie intégrante de son style.

Bande-annonce du film !

En ce qui concerne les personnages, ils sont comme toujours avec Tarantino complexe et très bien écrit. Aucun d'eux n'est tout blanc ou tout noir. Ils ont tous des bons côtés qu'on va apprendre à apprécier et d'autres mauvais qui vont nous faire revoir notre point de vue sur le personnage et vice-versa.
Tous les acteurs interprètent à la perfection leur rôle et font en sorte qu'on croit vraiment à cette fresque de violence et d'intrigues. Rien à redire sur ce point.

L'image en 70mm est magnifique et donne un certain cachet au film. Tout comme certains plans parfaitement maîtrisés et magnifiques. J'en citerais deux : celui de la scène d'introduction qui est un long plan séquence et un autre où il filme deux chevaux qui est imprégné d'une beauté sauvage.
Autre excellente idée de réalisation qui est de reprendre les mêmes caractères et la même qualité pour le générique d'introduction du film : ce qui nous plonge tout de suite dans l'ambiance.

La musique de ce film est encore génial que cela soit celle du thème principal ou celle utilisée lors d'une scène dans la neige où des protagonistes plantent des crochets pour faire une corde de survie et où la musique a un petit air de The Thing. Et pour le fan que je suis du film de Carpenter c'était très plaisant à entendre.

Si je devais faire un reproche au film, il serait minuscule et de l'ordre du détail. Il s'agit d'un acte que je n'aurais personnellement pas montré, mais que j'aurais inclus dans des dialogues entre les personnages. Mais cela est vraiment de l'ordre du goût personnel puisque la personne qui m'a accompagné à la séance a beaucoup aimé le fait qu'on montre ce passage du film.

Samuel L. Jackson s'en donne à coeur joie dans ce film !

Samuel L. Jackson s'en donne à coeur joie dans ce film !

En conclusion, Les Huit Salopards est un excellent film de Tarantino où on retrouve tous les ingrédients de ces films précédents. Ici la part belle est faite aux dialogues et on ne peut qu'apprécier le talent de scénariste de Tarantino. Un huis-clos parfaitement maîtrisé avec des personnages tous aussi intéressant les uns que les autres. Encore une fois, on ne voit pas le temps passé devant cette oeuvre de Tarantino qui en plus d'une histoire prenante est accompagnée d'une réalisation parfaitement maîtrisée et de toute beauté.

Ma note : 5 sur 5 !

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