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L'antre des opinions

Section Zéro Saison 1 : Olivier Marchal toujours au top !

11 Mai 2016 , Rédigé par Philippe Publié dans #Série

En Europe, dans un futur proche, les Etats endettés ont renoncé à leur souveraineté au profit de multinationales, immenses agrégats économiques ultra-puissants. Parmi ces nouvelles "sociétés titans", Prométhée, l'une des plus puissantes et dangereuses, ne cesse d'étendre son emprise sur la Fédération. Son but : remplacer la police par une milice privée, le Black Squad, dirigée par le dangereux Munro, et créer une armée d'hommes robotisés, les Mékas. Sirius, flic idéaliste, veut se battre pour empêcher la disparition du monde dans lequel il a vécu. Il va entrer en résistance et diriger un groupe d'élite, la Section Zéro, qui utilise tous les moyens, y compris l'illégalité et la violence. Derrière ce combat politique se joue également pour lui le combat d'un père et d'un mari pour retrouver les siens.

Affiche de Section Zéro !

Affiche de Section Zéro !

Olivier Marchal est un réalisateur que j'adore que ce soit par ces films (36 quai des Orfèvres, Mr 73 ...) ou par sa précédente série Braquo. Son univers de polar noir m'attire particulièrement et à chacun de mes visionnages d'une de ses œuvres, je suis emporté par le récit. Cela dit jusqu'à Section Zéro, Olivier Marchal était resté dans un temps très contemporain. Section Zéro marque une nouveauté avec une action se passant dans le futur.

C'est un futur assez proche, puisque 2024 c'est pratiquement demain, que nous offre Olivier Marchal. Et tout de suite, un point fort de cette série c'est la probabilité de ce futur. Des multinationales prenant le pouvoir sur les Etats et des discriminations de classe sont des éléments qui pour moi raisonnent avec notre monde contemporain. Je me demande même si on a pas déjà un pied dans le monde décrit par Section Zéro.
Un autre élément qui joue en la faveur de la crédibilité de l'univers ce sont les décors qu'Olivier Marchal a utilisé : ce sont pratiquement tous des décors naturels. Ce qui donne quelque chose de tangible dans le cadre. Il y a très peu d'effets spéciaux et très peu d'éléments futuriste, ce qui fait qu'il y a un certain cachet qui se dégage de la production. Et il faut dire qu'ils sont magnifiques et se prêtent à l'ambiance de la série.

En ce qui concerne l'histoire, on retrouve un thème cher à Olivier Marchal celui de flics qui se rebellent contre l'autorité. Là ils ne se rebellent pas contre leur hiérarchie ou des flics corrompus, mais contre les dirigeants de leur monde.
L'histoire suinte le sang, l'alcool, la cigarette, la mélancolie, la douleur, la peine et la violence : un cocktail qui me fait vibrer. Sirius, le personnage principal, va en prendre plein la face tout au long de la saison, mais va résister faisant preuve d'abnégation.
Je ne peux pas trop m'étendre sur le scénario car d'épisode en épisode on passe de révélations à révélations.
Le scénario a de bonnes idées comme la création des Mékas qui restent incontrôlables et qui sont obligés de prendre des drogues pour ne rien ressentir.
L'histoire ne fait pas non plus dans la dentelle et montre des scènes violentes et dures, mais sans céder à la facilité. Toute cette violence est parfaitement juste et maîtrisée, ne versant jamais dans la surenchère.
On aime suivre le parcours de Sirius et des différents personnages de la section de police auquel il appartient, puis de la Section Zéro. L'histoire prend aux tripes et mention spéciale pour l'épisode 7 que j'ai trouvé de toute beauté et un final pleins d'émotions.

Cependant, tout n'est pas parfait, malgré un univers très intéressant le propos n'est pas assez exploité à mon goût et il aurait mérité qu'on s'attarde un peu plus dessus. C'est dommage car cela crée une petite impression de vide parfois. Tout comme le peu de détails que la série nous donne sur la Section Zéro.
Autre petit défaut, la fin de la saison qui laisse présager une saison 2, mais qui est quand même un petit gros à mon goût et fait presque un peu hasard divin.

Bande-annonce Section Zéro !

En ce qui concerne les personnages ils sont tous aussi intéressant les uns que les autres. On peut voir avec Section Zéro, une force d'Olivier Marchal dans son écriture, avec des personnages qui sur le papier se ressemblent de par leur caractéristiques, mais qui au final sont différents. En effet, Sirius est un flic idéaliste, mais n'hésitant pas à passer de l'autre côté de la loi pour obtenir la vérité. De plus, ce n'est pas un saint dans ses actions vis à vis de sa famille ou de ses amis. Cela n'est pas sans rappeler Caplan dans Braquo, mais on a jamais l'impression de voir un nouveau Caplan. Il y a quelque chose, que je ne saurais définir, qui différencie les deux et qui crée vraiment un personnage tout autre.
On retrouve ça aussi avec le personnage de Cheyenne qui ressemble pas mal au niveau du caractère à celui de Roxanne dans Braquo, mais elle est poussée par d'autre motivations qui en fait un personnage neuf et intéressant.
D'une manière générale, les personnages de Section Zéro, du côté des "gentils" sont tous couverts de blessures et réagissent de manières différentes à celles-ci. Cela donne une certaine diversité dans les nombreux personnages de la série et rendant intéressant chacun d'eux. Et même du côté des antagonistes, il y a une certaine réflexion : ils ne sont pas méchants pour être méchants. Ils ont des motivations et des intérêts qu'on peut comprendre aisément.
Chacun des spectateurs pourra se reconnaître dans un ou des personnages et créer une empathie avec.

Au niveau de la musique, cette dernière sans être forcément mémorable accompagne bien l'action. Certains morceaux sont même plutôt bons notamment ceux qu'on peut entendre pour les quartiers malfamés de la ville.

Sirius personnage principal de Section Zéro !

Sirius personnage principal de Section Zéro !

En conclusion, Olivier Marchal montre avec Section Zéro pourquoi il est à mon goût le maître du film/série dans le genre polar noir. Une série à l'ambiance typique des oeuvres d'Olivier Marchal qui prend aux tripes et qui sait susciter l'intérêt. Une histoire prenante dans un contexte qui saura parler aux spectateurs les plus sensibles à ce genre de question. Une série qui possède une direction artistique pleinement satisfaisante et des personnages très intéressants. Elle n'est pas parfaite, mais se laisse savourer avec plaisir.

Ma note : 4 sur 5 !

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