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L'antre des opinions

Preacher Saison 2 : Un côté délirant beaucoup plus poussé !

17 Septembre 2017 , Rédigé par Philippe Publié dans #Série

Jesse Custer est pasteur malgré lui d'une petite ville du Texas. Cette dernière est habitée par une mystérieuse entité qui donne le pouvoir à Jesse, de plier les gens à sa volonté. Jesse décide donc, avec sa petite amie un jour sur deux, Tullip et un vampire irlandais nommé Cassidy, de se lancer dans une quête pour littéralement trouver Dieu.

Affiche de la saison 2 de Preacher !

Affiche de la saison 2 de Preacher !

Preacher revient pour une deuxième saison et c'est un retour réussi, malgré quelques petits défauts. 
Au nombre des qualités, on peut signaler le côté absurde des situations qui est encore plus poussé dans cette deuxième saison. L'ouverture de la saison en est un parfait exemple : entre l'absurde de la situation dûe à la condition de Cassidy, la discussion entre Jesse et Tullip, les balles aux impacts monstrueux, le sang qui gicle ... Difficile de ne pas y voir un côté Tarantino dans tout cela. Et cela va se poursuivre tout au long de la série tant par les situations ou les dialogues tenus par les personnages. Preacher ne verse jamais non plus dans le lourd, tout ce côté délirant est très bien dosé et toujours très juste, ce qui permet d'esquiver la lassitude qui peut s'emparer du spectateur quand on abuse de ce registre. D'autant plus que la saison est composée de treize épisodes et il aurait été facile de s'y perdre. 

En ce qui concerne l'intrigue c'est assez simple, en tout cas sur le papier : trouver Dieu. C'est donc l'enquête des trois personnages principaux qu'on va suivre. Si cela a l'air assez simple sur le papier, pas mal de ramifications vont complexifier le tout et amener bon nombre de péripéties se réglant souvent dans des scènes d'actions très bien orchestrées.
On quitte le décor de la petite ville américaine d'Annville pour la Louisiane, un changement de décor bienvenu, même si on en profite pas complètement : seulement une scène dans le bayou, quelques unes dans des clubs de jazz et malheureusement c'est tout. Les décors auraient mérité d'être un peu plus varié. 
Pour ce qui est des péripéties, la grande majorité sont parfaitement gérées (le Graal, le Saint des Tueurs), mais une ou deux l'est moins. Je pense aux Angelle (même si cela sera plus développé dans la saison 3) ou aux Japonais. Pour ce qui est des Japonais, ils sont là pour un épisode et puis disparaisse dès leur utilité terminé. Mais vu ce qu'ils font, on a plein de questions sur eux dont on aimerait des réponses et auxquelles la série ne répond pas. Donc bon si des réponses n'apparaissent pas dans la saison prochaine, ça sera une grande frustration pour le spectateur. 
Un petit défaut, et le principal selon moi, c'est comme pour la première saison une perte de rythme aux épisodes 7, 8 et 9. Des éléments sont développés durant ces épisodes, mais ils auraient mérité d'être soit dilué dans les épisodes ou concentré sur un seul. Alors qu'on sortait d'une confrontation intense dans l'épisode 6, le rythme se ralentit assez brusquement, trop d'une certaine façon, avant heureusement de reprendre avec l'épisode 10. Dommage.

Enfin pour terminer quelques mots pour la deuxième histoire qui se déroule en parallèle : celle d'Eugène en Enfer. En effet à plusieurs reprises dans les épisodes on aura droit à quelques passages de ce que subit Eugène en Enfer. La version de l'Enfer développé par Preacher est classique dans son principe fondamentale, mais appréciable de par les personnages qui s'y trouvent et par le décalage que crée Eugène dans ce milieu.

Bande-Annonce de Preacher Saison 2 !

En ce qui concerne les personnages, le trio Jesse, Tullip et Cassidy fonctionne toujours très bien. Même si chacun d'entre eux est complètement dérangé, si vous connaissez une personne qui leur ressemble inquiétez-vous, on s'attache à eux et on suit avec intérêt leur évolution. Le jeu de Ruth Negga et Joe Gilgun joue beaucoup aussi là-dedans. Pour ce qui est de Dominic Cooper, c'est une petite déception, il est de temps en temps assez fade et manque d'une certaine aura ou prestance que devrait dégager le personnage. 
Pour ce qui est des petits nouveaux, le personnage de Starr est totalement dingue. C'est typiquement le personnage où la seule réaction saine d'esprit la première fois qu'on aperçoit sa psychologie c'est : "Mais c'est quoi ce personnage ?". Il est sincèrement dérangeant, mais paradoxalement génial. Pour l'acteur cela a dû être un sacré défi à relever et il le joue admirablement bien. Enfin je vais parler du Saint des Tueurs qu'on voit bien plus dans cette saison et dont la mise en scène autour de ce personnage est très bien maîtrisé. Il est impressionnant et menaçant à chaque fois qu'on le voit à l'écran. D'autant plus que la décision de le faire avancer toujours en marchant d'une manière inébranlable lui donne presque une dimension d'horreur comme l'entité dans le film It Follows. 

Pour ce qui est de l'Enfer, c'est toujours un grand bravo à l'interprète d'Eugène qui arrive à faire passer beaucoup d'émotions malgré le maquillage ou la prothèse qu'il porte pour ce rôle. Et enfin le tour de force de la série, le personnage d'Hitler. Hitler c'est typiquement le genre de personnage dont même avant de le voir ou de l'entendre parler qu'on déteste et à juste titre pour tout ce qu'il représente historiquement parlant. Mais là dans Preacher ils arrivent à le rendre appréciable. Attention pas par rapport à son idéologie, au nazisme et les génocides, loin de là, mais par rapport à sa personnalité en Enfer. Et ça c'est fort d'arriver à ce résultat autour de ce personnage historiquement monstrueux. 

Pour ce qui est de la réalisation c'est toujours du tout bon. De manière générale ça fait le travail, avec quelques scènes un peu plus audacieuse. Je pense notamment à la scène de Cassidy et un autre personnage autour de drogue que j'ai beaucoup apprécié. 

Le Saint des Tueurs, un personnage très bien mis en scène tout au long de la saison !

Le Saint des Tueurs, un personnage très bien mis en scène tout au long de la saison !

En conclusion, Preacher continue sur sa bonne lancée en proposant un show où l'absurde côtoie l'humour noir et quelques réflexions un peu plus profonde. La série possède une bonne mise en scène, notamment des scènes d'actions. Dommage qu'une petite baisse de rythme un peu trop brutale se fasse sentir en milieu de saison. Les acteurs incarnent tous très bien leur personnage et la série arrive à faire apprécier certains dérangeants ou bien détestables, c'est un joli tour de force. Petit bémol pour Dominic Cooper un peu effacé de temps en temps. Une série qui dénote et qui le fait bien. 

Ma note : 4.5 sur 5 !

Rappel :

Saison 1 : 4.5 sur 5

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