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Blog où je vous donne mon avis sur des films, des séries, des livres et des jeux vidéo. N'hésitez pas à réagir et à partager votre opinion dans le respect de tous bien sûr.

Mayans M.C. Saison 1 de Kurt Sutter et Elgin James : L'esprit Sons of Anarchy dans un nouvel écrin !

Ezekiel Reyes, surnommé Ez, sort tout juste de prison et devient un jeune prospect pour le Mayans Motorcycle Club. Rongé par son désir de vengeance contre les cartels, Ez s’engouffre rapidement dans un monde de violence, et ce malgré la volonté de son père Felipe.

Une affiche reprenant la charte graphique de Sons of Anarchy !

Une affiche reprenant la charte graphique de Sons of Anarchy !

Etant un grand fan de la série Sons of Anarchy, mais aussi de The Shield également créée par Kurt Sutter, j'attendais cette nouvelle série avec un mélange d'excitation et d'appréhension. Était-ce bien raisonnable de réaliser une nouvelle série dans le même univers que les Sons ? Kurt Sutter avait-il quelque chose de neuf à raconter et comment ne pas subir l'inévitable comparaison avec les Sons ?
Le verdict de cette première saison c'est donc avec un mélange bien dosé de nostalgie et de nouveauté que Sutter livre une nouvelle série de grande qualité.

Même univers, mais ambiance différente

Au-delà de simplement partager le même univers, puisque la série se déroule deux ans et demi après l'ère Jax Teller, les deux séries partagent la même ambiance bikers délinquant. Cependant, on est pas dans un décalque d'une série à une autre : les enjeux et les personnages sont suffisamment différents pour que Mayans dégage sa propre identité. Evidemment, c'est toujours intéressant d'avoir un autre point de vue sur un univers, d'autant plus que là on est plongé dans un gang rival à celui des Sons, mais là où cela aurait été redondant de suivre les Mayans de Charming, la série nous plonge dans le club de Santo Padre, une ville frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique. Les thématiques sont déjà différentes avec cette alternance perpétuelle entre les deux pays et la thématique centrale de la saison, mais aussi de la série, va être le rapport aux cartels qui n'étaient que simplement évoqué dans Sons of Anarchy. Si le cartel Galindo n'était qu'un simple allié, puis épine dans le pied de Jax, dans Mayans on y est immergé complètement et notamment avec les répercussions de leurs actions sur la population mexicaine, comment il joue avec la frontière, leur politique d'image et d'influence ... On retrouve également ces thématiques chères à Kurt Sutter de la corruption et des zones grises de la morale. Clairement, Mayans se concentre bien plus sur l'aspect cartel, politique et sociétal que simplement le club et la famille. Attention la série ne rejette pas totalement cet aspect et l'aborde encore et toujours, mais de manière différente.
Si les Mayans fonctionnent de manière similaire aux Sons avec des prospects, une table, un président et des lieutenants, on est pas plongé au même niveau qu'avec Jax qui était dès le départ un membre important du club. Ici le personnage principal, Ez, étant un simple prospect, on a une autre vision du fonctionnement d'un club. L'aspect familial y est par exemple moins présent que chez les Sons, on sent très facilement qu'il y a plusieurs cercles au sein même du club, ce qui amène forcément une nouvelle dynamique aux personnages. Ce qui compte dans cette série ce sont les relations entre les personnages indépendamment à leur attache au club, et notamment par le fait qu'on va suivre des personnages qui y sont totalement extérieur. Ce détachement n'est pas dénué d'intérêt puisqu'il permet d'aborder la vie du club avec un autre angle, mais également d'apprécier d'autant plus les moments purement bikers qu'on connaît si bien grâce à Sons of Anarchy. On a une affection toute particulière à retrouver ces moments de fête d'après-coup ou cet amour fraternel qui se lie malgré tout entre les membres des Mayans, et d'autant plus qu'ils sont plus rares dans cet série. 

Point important pour cette première saison, il faut bien être conscient qu'à la même manière que Sons of Anarchy cette première saison est longue à démarrer, ce qui pourra rebuter certains. La série prend le temps d'installer son ambiance et ses personnages durant ses premiers épisodes. Ce qui rend les motivations de certains, et même l'objectif général de la série, un peu flou au départ, mais cela se décante au fur et à mesure des épisodes. Clairement la série n'est pas pensée sur une seule saison, et va monter en puissance au cours des saisons avec des enjeux toujours de plus en plus important. Cette première saison n'est pas vide pour autant et son intrigue se suit agréablement et comporte son lot de retournements et de moments impactant. Mais soyez prévenu que la série prend son temps, dans les créations de Kurt Sutter les personnages sont aussi important que l'histoire et il met un point d'honneur à bien construire leur développement, même si cela doit ralentir le rythme de la narration par moment, ce qui n'est pas pour me déplaire tant ils bénéficient d'une excellente écriture.

Des personnages avec une identité propre

L'une des grande démarcation de Mayans vis-à-vis des Sons se situe au niveau des personnages et de leurs relations. Ils sont bien différents de la série précédente et on évite l'écueil de vouloir reproduire le même groupe qu'avant ou d'avoir en personnage principal un nouveau Jax Teller. Tous les membres des Mayans possèdent une identité propre et des thématiques personnelles qui sont neuves vis-à-vis des personnages de Sons of Anarchy
Déjà avec le personnage d'Ezekiel, interprété par J.D. Pardo (The Messengers) qui est bien différent de Jax. Il ne cherche pas à sauver le club à tout prix dans cette saison, il a une quête bien plus personnelle et tente bien que mal de concilier sa vie familiale avec son père et celle du club où il retrouve son frère. A contrario où avec Jax, dans les premières saisons du moins, le club est plus important que tout. Ezekiel est aussi un personnage qui est plus dans la conciliation, essaye toujours d'éviter la violence en premier lieu, même s'il n'hésite pas à se salir les mains quand il le faut, mais c'est une toute autre expérience que de le suivre dans cette saison. Il a des qualités intellectuelles plutôt bien utilisé jusqu'ici et il dégage un aspect de vrai bon gars. Là où Jax et l'interprétation de Charlie Hunnam avait un côté bad boy charismatique, Ezekiel c'est le type foncièrement bon et sur qui tu sais tu peux compter. J'ai eu un peu de mal à m'attacher au personnage dans les deux premiers épisodes, mais une fois ses motivations plus claires ça a été du bonheur de le retrouver à chacun des épisodes. 
De la même manière tous les membres du club ont une histoire personnelle et une personnalité attachante qui se dévoile au fur et à mesure des épisodes. Je ne vais pas revenir sur chacun d'entre eux, mais l'exemple typique de ce personnage qui retourne complètement la première impression qu'il donne, c'est celui de Coco, interprété par Richard Cabral (Blood Father, Paranormal Activity : The Marked Ones). Au premier abord, il n'est pas très appréciable et arrive un épisode (dans la deuxième moitié de la saison si je me souviens bien) où la vision du personnage change totalement. Il devient rapidement un de mes personnages favoris. 
Même les personnages secondaires sont bien traités et ont des événements à raconter ainsi que des thématiques propres. Ils sont tous très bien interprétés également, ce qui aide particulièrement bien à s'y attacher. Le seul que je trouve en dessous au niveau du jeu c'est Danny Pino (Cold Case, The Shield) qui interprète Miguel Galindo. Personnage qui, par ailleurs, possède des motivations et interrogations intéressante. Son interprétation n'est pas mauvaise, mais je l'ai trouvé un peu en-dessous de l'ensemble du casting. 
Enfin, on retrouve évidemment des têtes connus du casting de Sons of Anarchy, mais ils ne sont jamais là pour le simple caméo, mis à part peut-être Gemma (Katey Sagal) dans le premier épisode, et ont une véritable importance dans la série. Chucky pour le comique absurde et de situation qu'il apporte, ne serait-ce que dans la manière où il se retrouve à bosser pour les Mayans. On retrouve également un membre des Sons dans plusieurs épisodes, mais parce qu'il est lié à la quête d'un des personnages principaux et c'était le meilleur choix possible parmi les membres du club. Surtout son affiliation n'est jamais traité en mode gros soulier, mais vient renforcer les noeuds de l'intrigue qui l'entoure. Enfin, on retrouve aussi parmi les antagonistes, le personnage de Potter, interprété par Ray McKinnon (Le Mans 66, Fear the Walking Dead), mais encore une fois c'est logique de le retrouver ici puisque c'est un spécialiste de la lutte contre le cartel.

Musicalement le pied et FX parfois loupés

On retrouve une ambiance musicale assez similaire entre Sons of Anarchy et Mayans : le rock accompagnera avec plaisir les oreilles du spectateur·trice. Mais pas uniquement, tout comme pour Sons of Anarchy, la bande son de Mayans s'aventure dans le rap et d'autres genres dans la même veine. Evidement on retrouve bien plus de sonorités latinos dans les morceaux choisis et qui contribue à l'ambiance générale de la série. Encore une fois, la playlist de la série se retrouvera dans mes écoutes régulières tout comme celle de Sons of Anarchy qui m'a fait découvrir des morceaux juste exceptionnels. Le générique de Mayans avec la chanson Nunca n'a clairement pas à rougir de celui des Sons. 
Visuellement, la série est très intéressante et personnellement j'aime beaucoup la teinte jaunâtre qui se dégage de la plupart des images. La série arrive à offrir à la fois de très beaux plans, une action lisible et un véritable amour pour les motos. Comme à son habitude Kurt Sutter met en scène la violence de son univers de manière très frontale et sans ambiguité, ce qui renforce l'immersion du spectateur·trice.
Enfin petite ombre au tableau : les effets spéciaux numérique. Chaque épisode de la saison est lié à un animal qu'on voit au début et à la fin de l'épisode. La grande majorité de ces animaux sont en effet spécial et pour le coup c'est vraiment très moche. Autant, je ne sais pas si dans les autres scènes de la série ils utilisent beaucoup d'effets spéciaux numérique, mais je ne le pense pas, et si c'est le cas ça ne se voit pas du tout. Mais alors ces animaux c'est une horreur et ça me rappelle la scène où un type en chaise roulante se fait tirer par une voiture ou une moto dans les dernières saisons de Sons of Anarchy et où l'effet était visible à des kilomètres. C'est dans ces moments là que tu sens que la série n'a pas non plus un budget énorme et elle devrait éviter de le montrer de manière aussi visible. Heureusement ce n'est que trente secondes, voir une minute par épisode, mais bon c'est dommage de commencer presque systématiquement son épisode avec un effet loupé. 

Bande-annonce de la première saison de Mayans !

En conclusion, Mayans MC Saison 1 réussit à merveille à concilier nostalgie et nouveauté. La série se pose en digne successeur de Sons of Anarchy en reprenant ses codes et en s'intégrant parfaitement dans son univers, sans multiplier les clins d'œil inutiles et lourd. La série développe ses propres thématiques autour du cartel et de la frontière américano-mexicaine. Elle prend parfaitement le temps de développer son ambiance et ses personnages. Personnages qui possèdent tous une identité propre et des motivations intéressantes à suivre. Visuellement et musicalement satisfaisante, la série peine seulement sur les effets spéciaux numérique parfois laids et un rythme très lent qui pourra rebuter certains. 

Ma note : 4.5 sur 5 !

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