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Blog où je vous donne mon avis sur des films, des séries, des livres et des jeux vidéo. N'hésitez pas à réagir et à partager votre opinion dans le respect de tous bien sûr.

Mulan de Niki Caro : Anecdotique !

Lorsque l’Empereur de Chine publie un décret stipulant qu’un homme de chaque famille du pays doit intégrer l’armée impériale pour combattre des envahisseurs venus du nord, Hua Mulan, fille ainée d’un vénérable guerrier désormais atteint par la maladie, décide de prendre sa place au combat. Se faisant passer pour un soldat du nom de Hua Jun, elle se voit mise à l’épreuve à chaque étape du processus d’apprentissage, mobilisant chaque jour un peu plus sa force intérieure pour explorer son véritable potentiel…
Commence alors pour Mulan un voyage épique qui transformera la jeune fille en une guerrière aux faits d’armes héroïques, honorée par tout un peuple reconnaissant et faisant la fierté de son père.

Date de sortie : 2020
Actrices et acteurs : Liu Yifei, Gong Li, Donnie Yen
Musique : Harry Gregson-Williams
Durée du film : 115 minutes
Budget : 290 millions de dollars
Nationalité : Etats-Unis

L'affiche de Mulan vendant un souffle épique abonné absent !

L'affiche de Mulan vendant un souffle épique abonné absent !

N'aimant pas la très grande majorité des films d'animation des studios Disney, je suis très hermétique à la ribambelle de remake en live action sorti jusqu'à ce jour. Surtout quand on a un Roi Lion qui est une exacte copie du film d'animation. Cependant pour Mulan la promesse était tout autre, un remake plus proche de la légende originelle, sans petit dragon rigolo, ni chanson. A ce moment-là, Disney a eu mon attention et mon intérêt. Un film d'action-aventure avec un peu de souffle épique dans une Chine médiévale, j'ai envie de dire pourquoi pas. Le résultat n'est clairement pas fameux et donne un film indigeste et ennuyeux à mourir sur tous les points. 

Un récit sans intensité et ennuyant

Le récit de Mulan est hyper-calibré et manichéen au possible. D'un côté il y a les gentils chinois et de l'autre les méchants Rourans. Est-ce que ces antagonistes ont un but ou un motif pour s'attaquer aux chinois ? Absolument pas, ils sont juste méchants pour être méchants. Dans cet aspect, on sent tout le côté niais et très enfantin de la patte Disney. Ne parlons pas des trous de scénario et des facilités scénaristiques qui sont aberrants et qui ne font que sortir le·a spectateur·trice du récit. L'utilisation du Chi en est un parfait exemple tant le film passe son temps à se contredire ou à l'utiliser comme élément de scenarium qui permet à son héroïne d'avancer et l'empêche finalement de progresser et d'apprendre. Le film ne décolle jamais et la succession d'images qui le constitue défile devant les yeux du speactateur·trice sans arriver à le·a captiver. 
Le film ne se rattrape pas sur ses personnages qui sont effacés au possible ou au mieux monolithiques. Ils n'ont aucune personnalité, ni même aucun arc narratif véritable. Mulan est complètement craquée en terme de compétence dès le début du film. Elle n'apprend jamais à se dépasser, ni même à évoluer psychologiquement ou même à s'affirmer en tant que femme dans un milieu masculin. Ce qui est pourtant la volonté du film, réaliser un long-métrage au message féministe. Cependant vu qu'il s'y prend n'importe comment, cette volonté ne transparaît jamais ou alors incruster au forceps. Tout comme le revirement des compagnons masculins de cette dernière qui prennent sa défense alors que trente minutes auparavant ils étaient en mode gros beauf pour qui la femme parfaite est belle et écarte les jambes à volonté. En une bataille, ils changent complètement leur mentalité alors qu'à aucun moment lors de leur entraînement une réelle symbiose ne se crée entre Mulan et le reste du groupe. Mais comme il fallait qu'ils la soutiennent pour le besoin du scénario, on les fait sortir les uns après les autres la phrase bidon et cliché américain "Je soutiens Hua Mulan". Le seul moment de nuance est le dialogue entre la sorcière interprétée par Gong Li (Mémoire d'une geisha, Hannibal Lecter : Les Origines du Mal) et Mulan et où il y a presque une début de sororité entre les deux personnages, mais très vite éclipsée par le côté stupide du film qui enclenche un affrontement pour une raison quelconque. 
Les acteurs et actrices n'aident pas particulièrement à s'impliquer tant ils sont transparents que cela soit Liu Yifei (Le Royaume interdit), actrice de Mulan, ou même l'antagoniste principal incarné par Jason Scott Lee (Dragon, l'histoire de Bruce Lee, La Malédiction de la momie). Aucune émotion ne transparaît et par conséquent aucun lien ne se crée avec le·a spectateur·trice.

Où est la guerre ? 

La question se pose devant ce film tant on ne voit rien qui ressemble à une guerre ou à un réel affrontement. Tout est mou du genou et aucune escarmouche n'a de véritable impact visuel. Pas une fois, on ne verra une goutte de sang transparaître à l'écran, même pas une petite giclée sur un mur. Même le dessin animé arrive à avoir des images plus impactantes et à faire ressentir le carnage du conflit, notamment sur les populations civiles, ce qui a le mérite de faire relativiser Mulan sur son envie d'être une guerrière. Dans ce film, on est au summum de la guerre propre. 
Ne parlons pas des armées faméliques qui s'affrontent dans ce film. Leur nombre est assez ridicule, d'autant plus quand on sait pertinemment que ce projet a pour but de faire les yeux doux au public chinois. Public qui a l'habitude et apprécie particulièrement les films où il y a des armées immenses à l'écran. Le film met également en avant une héroïne pas très futée qui combat les cheveux au vent. Alors oui, cela donne une jolie image avec du mouvement, par contre quand elle fait des mouvements en sautant partout, elle ne voit rien du tout. Vous pouvez faire des arrêts sur images lors des scènes de combat et avoir de magnifiques illustrations de ces moments. 
Oublions également le souffle épique que les bande-annonce et le marketing ont tenté de vendre. Mulan étant complètement craquée par rapport à tous les autres, elle ne craint en vérité jamais rien. Aucune tension dramatique ne se dégage tout au long du film. 

Un film cheap et sans réalisation

Mis à part quelques plans de paysages, le film n'a rien à offrir en terme de visuels et de réalisation. Les effets sont globalement moches ou alors extrêmement grossiers comme par exemple ces ailes de phénix qui apparaissent pour signifier la renaissance du personnage. On passera sur le fait que ceci est la symbolique occidentale de l'animal et non celle chinoise. On appréciera également les remerciements pour ces beaux paysages à la province du Xinjiang qui accueille les camps d'enfermements des ouïghoure. Le capitalisme avant l'humanisme chez Disney.
Concrètement on ne sait pas trop où sont passés les 200 millions d'euros de budget, mais clairement pas dans les décors vu que la grande majorité du film se passe dans des déserts ou des plaines désertiques. Le film est passable visuellement et morne au possible, tout comme la musique parfaitement oubliable. Il n'y a vraiment rien à sauver dans le film. 

Finalement, la meilleure version live de Mulan est probablement le film chinois de 2009.

Bande-annonce de Mulan !

En conclusion, Mulan est un film largement oubliable et mauvais sur tous les points. Il ne possède aucune subtilité servant des poncifs niais et manichéens au possible au service d'une histoire inintéressante. Ses personnages sont effacés au possible et interprétés par des acteurs absents. La technique est indigne d'un film de ce budget : des décors pauvres, des effets cheap et une réalisation morne et sans ambition. Un film à éviter et à oublier au plus vite.

Ma note : 1 sur 5 !

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