Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Blog où je vous donne mon avis sur des films, des séries, des livres et des jeux vidéo. N'hésitez pas à réagir et à partager votre opinion dans le respect de tous bien sûr.

Valérian et la Cité des Mille Planètes de Luc Besson : Une démo technique pour une histoire insipide !

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.

Date de sortie : 2017
Actrices et acteurs : Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen
Scénario : Luc Besson
Musique : Alexandre Desplat
Durée du film : 137 minutes
Budget : 197 millions d'euros
Nationalité : France

Des agents spatio-temporels ? Une particularité jamais évoquée dans le film !

Des agents spatio-temporels ? Une particularité jamais évoquée dans le film !

Une vitrine technologique 

S'il y a bien un point sur lequel le consensus est total de la part des critiques et des spectateurs, c'est la formidable vitrine technologique que constitue le film. J'ai énormément d'éléments à reprocher au film, mais la technique n'en fait clairement pas partie. Les effets spéciaux sont d'excellentes factures et on a enfin une production française de science-fiction qui peut rivaliser avec les productions hollywoodiennes. L'univers fonctionne très bien visuellement et les décors fourmillent de détails. On pourrait s'amuser à mettre régulièrement le film en pause pour profiter de tous les détails incrustés dans les recoins de l'image et qui passent à toute vitesse. Chaque plan possède une identité propre. Un autre point à ce niveau et qui est à mettre en faveur du film, c'est la diversité des races extraterrestres visibles à l'écran. En général dans ce genre de production, le nombre d'espèces visibles est assez limité et le film se concentre sur les humains, mais ici la diversité est de mise. Même si certaines n'ont le droit qu'à une scène ou deux, l'effort de retranscrire une diversité et un monde cohérent est louable.
Au niveau de la réalisation, on retrouve également pas mal d'éléments appréciables, notamment dans l'introduction du film et ses trente premières minutes. La manière dont est montrée la naissance et le départ d'Alpha qui deviendra la Cité des Mille Planètes est très efficace et ludique. De la même manière, la première mission de Valérian et Laureline est très ludique et très bien réalisée avec ses transitions constantes entre l'univers virtuel et la réalité. De même, l'action est dynamique, bien rythmée et ne s'essouffle à aucun moment. Malheureusement, au niveau de la narration le film s'effondre totalement par la suite et ne se relève jamais.

Un scénario insipide

L'arrivée dans Alpha marque la mort du film au niveau de son scénario. Alors que l'introduction de Valérian faisait de l'exposition intelligente, pour ce deuxième moment Luc Besson a complètement abandonné et se contente de faire lire une fiche Wikipédia à l'ordinateur de bord. Comme d'habitude avec cette pratique tout cela sonne complètement faux et forcé. Premièrement, ce n'est pas intéressant pour le·a spectateur·trice, mais c'est aussi dissonant dans l'univers puisque toutes ces informations sont connus des protagonistes et je doute qu'on leur répète à chaque fois qu'ils reviennent à la base. 
Une fois arrivé à Alpha, on oublie complètement ce que le film avait introduit comme ce qu'il semblait être l'intrigue principal à savoir la destruction de la planète des Pearls pour se retrouver à voir Laureline aller à la rescousse de Valérian, puis Valérian à celle de Laureline, et de nouveau Laureline à celle de Valérian et ainsi de suite. Le but de tout cela : montrer le plus de décors différents de la station Alpha. Alors oui c'est très joli, mais le problème c'est qu'on s'en fout. Un bel univers c'est toujours plaisant, mais il faut une histoire qui se déroule à l'intérieur et deux personnages qui se courent après n'en constitue pas une. En tout cas, pas intéressante dans la manière où Luc Besson la met en scène et la raconte. Dans son dernier acte, le film se rappelle qu'il avait introduit des enjeux en ouverture, il règle ça rapidement à base de phrases débiles sur l'amour et ainsi se conclut l'histoire de Valérian. Et l'antagoniste ? Le film pense jouer le suspens sur son identité, mais dès que le personnage apparaît à l'écran et prononce deux mots, il est grillé. D'autant plus qu'on tombe dans le cliché américain du militaire pas gentil, au moins dans Avatar ce cliché était divertissant puisqu'il poussait les manettes à fonds dans le cliché et cela a donné un personnage assez mémorable. Et pourquoi je parle d'Avatar ? Tout simplement parce que Valérian aimerait avoir le même message politique que le film de Cameron sauf qu'il le fait tellement mal qu'en réalité il dit l'inverse de son objectif. Très grossièrement dans Avatar ce qui est dénoncé c'est le capitalisme, l'impérialisme humain, son désir de colonisation et son mépris pour les autres espèces. Dans Valérian, l'objectif est similaire sans la notion de capitalisme, cela dit cela aurait été assez ironique que Besson porte ce genre de message. Le problème, c'est que dans Avatar les héros se rangent du côté des Na'vi, mais surtout le plus important c'est qu'ils intègrent leur société, apprennent de leur culture pour finalement rejeter leur humanité, et dans Valérian c'est le colon blanc qui sauve les pauvres indigènes incapable de se défendre. Une remise en question de leur mode de vie ou des idéaux ? Absolument pas. Du coup, le message est complètement faussé, mais ce n'est pas le seul et on y reviendra quand on parlera des personnages.

Des personnages désolants

Tous les personnages sont insipides au possible. Le film fourmille de caméo d'acteurs connus comme Ethan Hawke ou Alain Chabat, mais ils n'ont clairement pas le temps d'exister puisqu'après leur scène ils disparaissent. On pourrait se dire que ce n'est pas important puisque ce sont des personnages secondaires, voir tertiaires, mais le constat est le même pour les deux personnages principaux. Cara Delevingne (Suicide Squad ; Carnival Row) et Dane DeHaan (The Amazing Spider-Man ; A cure for Life) ne sont clairement pas à la hauteur dans le film. Si Cara Delevingne fait ce qu'elle peut, et donne particulièrement tout au niveau de son jeu des sourcils, elle n'est clairement pas aidée par la mort cérébral dont Dane DeHaan nous gratifie. Je ne sais pas si l'acteur en avait littéralement rien à faire du projet ou qu'il a tenté un type de jeu qui lui correspond pas, mais même une patate à l'écran aurait retransmis plus d'émotions et d'intensités. Un sous-jeu constant qui ne permet clairement pas de s'attacher aux personnages, dont la caractérisation et l'écriture plantent le dernier clou au cercueil.
Valérian est un gros con. Il n'y a pas d'autre manière de le décrire plus simplement. Il est suffisant, condescendant, pas particulièrement brillant, sans charisme et c'est un neuneu qui tape avant de réfléchir aux conséquences. Le pire c'est que de sa première minute d'apparition à la dernière, il n'évolue pas d'un iota. Le pire dans tout cela c'est qu'il obtient tout ce qu'il veut à la fin du film. Alors oui je sais que Valérian est censé être un anti-héros, mais il y a un différence entre ce type de personnage et un connard fini. Il n'est jamais présenté ainsi et il a toutes les caractéristiques de la deuxième proposition. Si tout cela est énervant et n'aide clairement pas à apprécier le film, ce n'est rien face à au traitement désolant des personnages féminins. 
Un détail qui n'est pas des moindres la disparition de Laureline dans le titre du film. Dans la bande-dessinée originale, le titre est bel et bien Valérian et Laureline sur la plupart des images que j'ai pu trouver. Ce qui aurait été logique de conserver pour le film d'autant plus que les deux personnages partagent à peu près le même temps d'écrans. Evidemment, celui qu'on garde c'est celui du mec. En ce qui concerne le personnage de Laureline, l'un des créateurs Mézières la décrit ainsi : "Laureline dès le début n'est pas un faire-valoir de Valérian. Il nous a semblé important que notre héroïne ait ce côté positif, tête claire, décidée et en même temps des jolies petites fesses". Cela aurait été parfait de s'arrêter avant la dernière caractéristique, cela aurait certainement évité à Besson de se focaliser là-dessus. Tout est bon pour la montrer sous les meilleures aspects possibles et d'en faire un objet de désir. C'est même tout l'objectif de Valérian qui ne la voit que comme un trophée de séduction et sexuel. A aucun moment, il ne mentionne une qualité chez Laureline, c'est juste un forceur et comme le film ne nous montre pas grand chose d'autre que du physique, la conclusion qu'on en tire c'est que c'est seulement ça qui attire Valérian. Et non, ce n'est pas parce qu'elle met deux, trois tartes à des ennemis que ça en fait une femme forte. Quand ton personnage féminin principal n'est qu'un love interest du héros, que toutes ses décisions sont motivées par un personnage masculin, tu la mets dans des tenues courtes, que sa péripétie c'est de se faire marier de force et qu'elle fait de grand discours sur l'amour : c'est un cliché de personnage féminin. Un problème récurrent chez Besson qui sous un vernis de femme forte ne reprend finalement que les poncifs ancestraux du personnage féminin (love interest, personnage de l'amour, sexualisation, situation étrangement dérangeante comme dans Léon ou Arthur et les Minimoys ...). Même dans Lucy où le personnage de Scarlett Johansson se retrouve à se coltiner un love interest inséré au forceps dans le scénario et qui ne sert strictement à rien. Le personnage de Rihanna est également un parfait exemple du traitement désolant des personnages féminins du film. Il y avait dix idées bien plus intéressantes à faire avec son personnage au lieu d'en faire une strip-teaseuse de luxe tout en nous gratifiant d'une scène très gênante. 
Vous l'avez compris, pour moi c'est un zéro pointé au niveau des personnages de ce film.

Bande-annonce de Valérian et la Cité des Mille Planètes !

En conclusion, la seule chose à retenir de Valérian et la Cité des Mille Planètes c'est que c'est une jolie démo technique. Les effets spéciaux, la création de l'univers et sa diversité sont au top et rivalisent avec les grosses productions hollywoodiennes. Un joli cadre ne fait pas tout et c'est là que Valérian s'effondre totalement. Le scénario du film est insipide avec une absence d'enjeu concret puisque ce dernier disparaît totalement pendant une bonne partie du film. Aucune tension dramatique ne se dégage tout au long du long-métrage. Les personnages sont insupportables entre un personnage masculin détestable, des acteurs et actrices en sous-jeu et un traitement féminin désolant : il n'y a rien à sauver sur ce point dans le film.

Ma note : 1.5 sur 5 !

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article