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L'inspecteur John Hunton enquête sur un accident mortel survenu dans une blanchisserie industrielle, une employée ayant été happée par une repasseuse-plieuse. L'affaire est classée mais, une semaine plus tard, une autre employée est gravement brûlée par un jet de vapeur de la machine.
Date de sortie : 1972 (Etats-Unis) / 1980 (France)
Traduction : Lorris Murail et Nathalie Zimmermann
Nombre de pages : 20 pages
La Presseuse fait partie des nombreuses histoires de Stephen King mettant en scène la possession d'un objet du quotidien - en tout cas de celui des années 70 - et qui vient alimenter certaines peurs irrationnelles face à ceux-ci. D'autant plus qu'en général, King utilise des objets qu'il connaît bien, ce qui renforce sa maîtrise des descriptions et de la peur. Il a en effet travaillé quelques temps dans une blanchisserie après l'obtention de son diplôme et, par conséquent, la nouvelle nous gratifie de nombreuses descriptions précises d'un tel lieu : des machines, du bruit et des odeurs. Un élément qui à l'époque donnait une crédibilité au récit et qui aujourd'hui permet au lectorat moderne de s'immerger, puisque ce sont des lieux qui nous sont inconnus. Néanmoins la crainte d'être happé par une machine dangereuse est, elle, intemporelle. Qui n'a jamais imaginé dans un travail utilisant ce grand type de machine se faire happer à cause d'un dysfonctionnement de la sécurité ? Dans mon cas, je pense immédiatement à la broyeuse de cartons dans les entrepôts Ikea, et je pense que tout le monde a plus ou moins un exemple en tête. Un point qui fait donc que la nouvelle fonctionne encore très bien.
Autre élément que tire King de ses expériences personnelles : c'est la pique lancée aux patrons de ces usines qui rabotaient le budget de la sécurité des employés. Un thème qu'on retrouvait déjà dans Poste de nuit, ici cela ne tient qu'à un paragraphe rapide, mais cela fait toujours plaisir.
La Presseuse n'est pas une nouvelle vraiment sociale, mais bel et bien un récit horrifique qui frôle presque le pulp de par son côté amusant sous certains aspects. Cela aurait pu être un récit très classique de possession avec un exorcisme religieux et tout le tintouin qui va avec, mais Stephen King prend le parti intéressant d'en faire une démarche très scientifique. Celui qui se mue en exorciste n'est autre qu'un universitaire (personnage récurrent des histoires de King) et qui réalise une approche empirique des méthodes de possession et d'exorcisme. Il détaille comment il a compilé les pratiques de plusieurs cultures pour en trouver les dénominateurs communs. Du fait de la brièveté de la nouvelle, tout va très vite, notamment l'acceptation d'une possession, mais cela a un côté un peu original et permet un autre angle d'approche de ce type d'histoire - un style qu'utilisera bien plus le tard le film de Scott Derickson L'Exorcisme d'Emily Rose. Sinon, en ce qui concerne son aspect horrifique cela fonctionne par une bonne tension générale et des morts assez gore. En même temps, il faut rappeler que la première victime est entièrement passée dans la machine qui est une repasseuse-plieuse ; l'imagination et les détails de King nous laissent bien imaginer l'état général de la scène. Ce qui donne également cette impression de récit pulp, tant cela peut paraître grotestque comme mort (dans le bon sens du terme) tout comme l'ironie et la manière alambiquée dont la machine se retrouve possédée. Un côté décalé qui se retrouve jusque dans les dernières pages du récit avec cette machine qui commence à se déplacer. Une fin est assez abrupte, comme souvent dans les nouvelles de King, et qui n'amène pas réellement de résolution, ce qui peut déranger certaines personnes.
En conclusion, La Presseuse est une nouvelle efficace qui remplit bien son office de faire frissoner grâce à la bonne maîtrise des descriptions pour imerger et nourrir l'imagination du lectorat face aux atrocités de la machine. Elle propose une approche intéressante de la possession et de l'exorcisme. Enfin, elle possède également un petit côté pulp par certains aspects un peu trop invraisemblable, ce qui se marie bien au ton général de l'histoire.
Première version de la nouvelle sortie dans le magasine Cavalier en décembre 1972 qui est comme toujours accompagné d'une illustration bien particulière
The Mangler (ou La Pressesseuse diabolique) de Tobe Hooper : Des rajouts peu pertinents !
Après une série d'accidents terribles, un policier est persuadé que la presse à vapeur de la blanchisserie Blue Ribbon est possédée par un esprit démoniaque et assoiffé de sang. Engagé dans une course contre la montre pour sauvé la vie d'une jeune fille, il doit détruire la créature avant qu'il ne soit trop tard. Plongez dans les profondeurs de l'enfer dans cette histoire terrifiante décrivant les ravages d'une machine démente.
Date de sortie : 1995
Acteurs principaux : Robert Englund, Ted Levine
Scénario : Tobe Hooper, Stephen Brooks, Peter Welbeck
Durée : 106 minutes
Budget : Inconnu
Nationalité : Etats-Unis
The Mangler est la deuxième adaptation réalisée par Tobe Hooper d'une oeuvre de Stephen King. La première était Les Vampires de Salem (voir le dossier sur Salem pour la critique complète), un film très fidèle à son matériel d'origine, mais qui souffrait de gros problèmes de rythme pour offrir finalement une expérience moyenne. Ce deuxième essai n'est pas non plus une réussite, loin de là, puisqu'on est sur un film assez mauvais. C'est dommage de se dire que le mariage entre le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse ou Poltergeist et Stephen King n'aboutit jamais à de bons résultats.
The Mangler est un film malade parce qu'il est une chimère loupée qui veut réaliser deux films en un : une adaptation de son matériel d'origine et y rajouter sa propre histoire tournant autour d'un pacte démoniaque.
Du côté de l'adaptation, c'est plutôt pas mal en réalité. Le film offre une série B plutôt gore et honnête dans ce qu'elle propose. Il retranscrit très bien les morts horribles que la nouvelle décrit. Il y a évidemment le passage de la première victime dans la machine et, puis sur la fin, il y a également un pliage dans les règles de l'art de son antagoniste - mort plutôt rigolote qu'horrifique mais qui correspond bien au ton des films de série B. On appréciera également la justesse de ne pas faire un gros plan sur le résultat de la première victime, mais de le faire apparaître lors de flash lumineux, créant presque une image subliminal qui s'inscrit dans l'esprit des spectateurs et spectatrices. Pour le reste, les grandes lignes de la narration sont respectées jusqu'au petit "twist" autour de la belladone. Le film inclut plutôt intelligemment l'histoire du frigo possédé qui tue des oiseaux et des enfants, là où dans la nouvelle, elle n'était qu'évoquée. Quelques changements aussi sur les personnages : l'inspecteur John Hunton est maintenant veuf et Mark est son beau-frère. Une modification qui n'apporte finalement rien au personnage puisque cela n'aura aucune importance dans l'histoire. Ce qui est plus dommage c'est faire de Mark plutôt un hippie intéressé par la métaphysique et la démonologie plutôt qu'un universitaire, ce qui enlève le côté intéressant d'une approche "scientifique" de la possession qu'on retrouve dans la nouvelle. S'il n'y avait que ça, on serait sur un film sympathique, pas grandiose, mais qui se regarde avec plaisir ; malheureusement Tobe Hopper et ses deux collègues scénaristes ont voulu rajouter une surcouche d'histoire qui gâche l'expérience.
Rapidement, le seul apport de cette histoire originale c'est de créer des incohérences. Puisqu'il est question de pacte démoniaque passé entre les grandes familles de la ville et la machine. En échange du pouvoir et de la richesse, chaque famille doit sacrifier un de ses membres féminins, vierge, âgée de seize ans en la passant dans la repasseuse-plieuse. La symbolique est assez claire et facile à deviner : il s'agit évidemment de faire un parallèle entre le capitalisme, les élites qui sont des suppots de Satan. Je suis tout à fait d'accord avec le film, mais bon, c'est assez grossièrement amené et mis en place. Le problème, c'est que ça veut dire que la machine est déjà possédée de base, donc tout l'histoire du sang de vierge qui l'éclabousse, la belladone dans le médicament, dans la nouvelle on parle d'une chauve-souris qui y meurt accidentellement ce qui rajoute un autre ingrédient pour la possession, et tout le reste ne sont que des éléments inutiles puisqu'il n'y a plus de possession à faire. De plus, c'est pas cohérent que la machine commence à tuer des personnes aléatoirement puisque le pacte n'est toujours pas rompu. En effet, l'un des enjeux de la fin du film est de sauver la nièce du propriétaire de l'usine qui va y être sacrifiée puisque cela doit être fait avant minuit pour renouveler le pacte. Donc ils sont toujours dans les temps et qu'auparavant la machine n'a jamais attaqué en-dehors de ses moments précis, il y a pas de raison qu'elle s'anime dans une folie meurtrière au début du film. En voulant rajouter cette surcouche et de la complexité dans une histoire basique, on se retrouve au final avec des incohérences grossières.
D'autant plus que l'aspect critique des élites et des patrons ne fonctionne pas bien à cause du caractère très grossier du personnage du patron de l'usine, Gartley, incarné par Robert Englund. Déjà son design est très grotesque avec sa démarche en béquilles très accentuée et puis surtout son acteur est dans un surjeu total. C'est un bon acteur normalement, mais sur ce film, il était en roue libre totale. Il est impossible de le prendre au sérieux et par conséquent le message du film également.
Enfin du point de vue technique, il y a du bon et du moins bon. Dans les points positifs, j'adore le design de la machine au coeur du récit. Je ne sais pas si c'est une vraie machine ou si elle a été réalisé expréssement pour le film, mais par sa dimension elle est déjà ultra menaçante. Elle est surdimensionnée et domine tous les personnages par sa hauteur et sa masse. De plus, elle a une sorte de metal bosselé qui la recouvre entièrement ce qui lui donne une impression écaillée et quand elle est filmée sur le côtée, on pourrait croire qu'on est en train de voir un dragon ou une créature diabolique. Tout comme sa "bouche" qui donne vraiment l'illusion d'une bouche des Enfers. Concernant les effets spéciaux, c'est un peu plus compliqué notamment sur la fin du film avec du numérique bien de son époque. Alors certes on est par sur un budget d'un Jurassic Park, mais c'est quand même pas toujours très joli même pour 1995. En réalité, c'est surtout quand c'est montré frontalement, mais le réalisateur fait tout de même quelques plans intéressants où on ne voit qu'une partie de la machine s'animer et là ça passe beaucoup mieux et c'est plutôt convainquant.
En conclusion, The Mangler est un film qui a voulu greffer de force une surcouche d'histoire à un récit basique et efficace et donc au lieu de livrer un film de série B gore et sympathique offre une mauvaise expérience d'un récit grotesque et qui se perd en incohérences. En plus des incohérences, les différents rajouts n'apportent rien à l'ensemble. On ne retiendra finalement que les morts gore et le design de la machine. C'est malheureusement une adaptation loupée.
The Mangler 2 de Michael Hamilton-Wright : L'un des pires films que j'ai pu voir !
Le Royal College : une école privée réservée à une élite. Un établissement également protégé par un système informatique de sécurité digne d'une base de l'armée. Mais lorsqu'un virus particulièrement virulent, le Mangler, s'y introduit, le système conçu pour protéger les élèves se transforme en machine à tuer. Etudiants, professeurs... Désormais, quiconque pénètre dans le Royal College, est la proie du Mangler, une entité d'autant plus dangereuse qu'elle invisible et qu'elle prend toutes les formes...
Date de sortie : 2002
Actrices et acteurs principaux : Lance Henriksen, Chelse Swain, Daniella Evangelista (mal orthographié sur la jaquette du DVD que je possède)
Scénario : Michael Hamilton-Wright
Durée : 97 minutes
Budget : Inconnu
Nationalité : Canada
J'ai deux catégories pour les mauvais films, ceux honteux parce qu'ils ne respectent pas leur matériel d'origine ou par le message qu'ils véhiculent, et puis il y a ceux tout simplement mauvais d'un point de vue purement cinématographique. The Mangler 2 rentre dans cette catégorie et il est l'un des pires que j'ai pu voir. Le menu du DVD donne un bon indice quand on a le droit à une musique électro nulle ponctuée de bruits d'un film porno.
Avant même de nous intéresser au film en question, je ne résiste pas à l'envie de faire un petit commentaire sur la jaquette du DVD qui est une magnifique tentative d'inscrire cette ignominie dans la mouvance de Matrix. Une esthétique verdâtre, des personnages aux tenues sombres et lunettes de soleil et du binaire qui va de haut en bas et disposé dans chaque emplacement libre : tant d'éléments pour faire le rappel des films des soeurs Wachowski, mais qui n'existe aucunement dans le film. Le seul rapport entre les deux productions est l'ennemi informatique, mais au-delà de ça c'est du raccolage pur et dur de la part de l'équipe de communication pour tenter de vendre des DVD. On sent qu'on est dans les tréfonds de la production direct to DVD.
Sur l'arrière de la jaquette on peut lire "La suite du film adapté de Stephen King" donc The Mangler 2 se revendique d'une double filiation : Stephen King et le film de Tobe Hooper. Rien de tout cela n'est vrai, The Mangler 2 aurait pu porter un autre titre que cela aurait fonctionné parfaitement. Il n'est jamais question des événements de la laverie, ni même de la machine démoniaque. Le versant adaptation est donc extrêmement rapide à faire : il n'y a tout simplement rien à dire si ce n'est que ce film est une tentative assez peu reluisante de vendre des DVD en utilisant des noms connus.
En tant que pur produit cinématographique ce n'est guère mieux, The Mangler 2 est un loupé à tous les niveaux.
Son scénario n'a aucun sens et montre à quel point son réalisateur et scénariste ne connaît rien à l'informatique. Afin de provoquer les événements du long-métrage, le scénario fait installer à la protagoniste un virus malveillant, mais comment le trouve-t-elle ? En allant sur un site avec marqué en gros Hacking dans des effets de style qui respirent le plus moche des effets des années 2000 et en cliquant sur le premier pop up qui lui propose d'installer un truc sur son ordi. Alors je sais que dans les années 2000, on était pas très au courant des bonnes pratiques sur le net, mais la protagoniste est sensée être très calée en informatique, on la voit tout de même pirater les systèmes d'une entreprise au tout début du film. Jamais de la vie, elle ne clique sur un pop up aussi douteux. Un peu plus tard dans le scénario elle veut créer une fausse adresse mail pour une raison qui n'est pas importante et comment elle s'y prend ? En allant évidemment sur un site du style "Mail Hacker". Sérieusement ? D'autant plus que ce fameux virus a l'air d'être transmis ou une invention d'un de ses camarades de classe. Donc un adolescent avait en sa possession bien plus qu'un virus puisque ce programme développe une conscience totalement fonctionelle et qui a même envie de se reproduire. Laissez-moi en douter. Bref tant d'éléments qui montre qu'à l'écriture, on a une personne qui ne connaît rien à son sujet et qui balance des idées plus stupides les unes après les autres.
Je l'ai déjà évoqué, mais le scénario consiste en un virus implémenté dans le système de sécurité high-tech d'un lycée de bourges qui va commencer à tuer les rares personnes encore présentes dans le lycée, tandis que les autres sont partis en excursion, et à vouloir se reproduire avec la protagoniste. C'est d'une idiotie sans nom et ne tient pas la route. Mais ça pourrait encore passer si on avait le droit à un slasher idiot, mais jouissif et inventif dans les mises à mort. Ce qui n'est malheureusement pas le cas. Chaque mise à mort est soit cheap au possible, on voit limite les câbles qui tiennent les éléments, et le côté trash du slasher est abonné absent, soit en hors-champ mais sans trouvaille intéressante visuellement. Clairement on s'emmerde profondément devant The Mangler 2.
Les personnages ne relèvent évidemment pas le niveau, et en même temps je n'avais pas grand espoir. Ils sont tous exaspérants et extrêmement mal écrits : adolescents et adultes compris. On a le prof de sport accro au porno pour aucune raison dans le scénario si ce n'est les bruits du menu du DVD ou la prof alcoolique qu'on enverra mourir dans la laverie en allant faire sa lessive en nuisette parce que l'actrice est pas mal physiquement. Sachant qu'aucun des deux n'a plus de deux lignes de dialogues dans le film. Les deux seuls adultes qui ont une importance c'est le cuisinier et le directeur. Le cuisinier est un cliché sur pattes : français, fume à tout va au-dessus de ses préparations et crache sur ses ex-femmes. Et puis pour une obscure raison le film le fait interagir oralement avec le système informatique alors que ce dernier n'a pas de reconnaissance vocale. Au niveaux des adolescents, on a les archétypes de personnages par une personne qui ne connaît pas les adolescents de son époque. On passera sur les mecs qui sont inutiles entre le mec sportif qui veut choper la protagoniste, le mec défoncé continuellement et obsédé par le cul et le mec noir qui sert de ressort comique. Tandis que sur les femmes, on a la protagoniste qui est douée en informatique et en rébellion contre papa et le monde et la deuxième qui passe pratiquement tout le film en bikini et qui lors de sa première apparition a le droit à une présentation qui insiste bien sur ses arguments physique appuyé par les commentaires de fantasme d'un de ses camarades. Une scène extrêmement gênante et que j'aimerais oublier.
Les dialogues ne viennent pas non plus en aide aux personnages, aucun ne sont là pour les développer un tant soit peu. La plupart font de l'exposition pure et dure ou alors n'ont ni queue ni tête. Une discussion entre deux personnages devant un tableau périodique des éléments pour arriver à la conclusion qu'il a été inventé par les aliens pour communiquer. Certes les personnages ont fumé de l'herbe avant, mais jamais personne n'a eu ce genre de raisonnement défoncé ou non. Ou encore alors que deux protagonistes s'apprêtent à faire des galipettes contre la porte de la chambre froide dans la cuisine, un couteau qui sort de l'ouverture du cadran les interrompt et la réaction d'un des personnages est "ça doit être une vache folle". Quoi ? Qu'est-ce qu'elle raconte celle-là ? Qui a laissé cette ligne au scénario, c'est un assassin de la logique. Mais je crois que ce n'est pas le pire, c'est qu'entre deux discussions de cet acabit le film essaye d'évoquer des sujets graves qui sont balancés entre deux répliques et sans aucune incidence quelqueconque. En mode, je pose ça là et ça y est je suis d'une grande profondeur. Exemple très concret, on est sur la dernière partie du film et le petit groupe est bien diminué : il reste les deux adolescentes, le love interest et le cuisinier. Alors qu'ils courent dans le parc du lycée, l'une des femmes s'arrête et se met à genoux parce qu'en gros elle ne veut pas mourir (sans déconner) et qu'elle en a marre de se disputer avec la protagoniste. Et là elle balance entre deux phrases que le directeur de l'établissement s'introduisait dans sa chambre pour la violer. Et le film enchaîne sur autre chose. Mais non ! On ne peut pas balancer un sujet aussi important de la sorte et s'en cogner dans la seconde qui suit !
Les interprétations des actrices et acteurs n'aident pas non plus. Alors j'ai vu le film en VF parce que le DVD est tellement de bonne qualité que quand on clique sur la piste audio anglaise on a le droit à la VF et idem en cliquant sur le français donc en fait il n'y a pas la VO malgré ce qui est indiqué. Mais pas besoin de leur interprétation pour voir la catastrophe. Lorsqu'on annonce à une partie du groupe la mort d'un des adolescents, ils se contentent de hausser légèrement les épaules et de faire retomber mollement leurs bras contre eux. Ils sont vraiment en mode "Oh mince, c'est ballot" alors qu'on leur annonce la mort d'un de leur pote. Un peu plus de conviction s'il vous plaît. Je me doute que le cachet ne devait pas être bien élevé et que le film est pourri, mais un peu d'effort ne ferait pas de mal.
Enfin du point de vue technique, on est également dans les tréfonds. Je l'ai déjà évoqué le film ne possède aucune mise en scène intéressante sur les mises à mort et c'est le cas sur l'entièreté de sa durée. La caméra filme ce qu'elle doit filmer, et encore, et c'est tout. Aucun mouvement ou composition d'image intéressante à se mettre sous la dent. Le pire arrivant lors d'une scène dans la chambre de la protagoniste lorsque tout le groupe est présent et que le directeur fait irruption. A ce moment là et pour aucune raison, le film passe pendant une minute en mode Powerpoint. Et ce n'est pas un défaut du DVD, c'est intentionel puisque chaque diapo est séparée par un effet de transparence blanc pour indiquer le mouvement. Pourquoi ? Il manquait des images ?
Au niveau des lumières c'est le même constat, on a quelque chose d'uniforme qui fait en sorte que tout soit parfaitement visible, l'antithèse d'un film qui doit faire frisonner ou avec un peu de tension. L'absence de tension est également augmentée par le fait que le film a une bande-son purement électro qui tourne continuellement en fond. Si tu veux créer de la tension ou un côté horrifique, je suis à peu près certain que l'électro n'est pas le choix à privilégier et surtout ne pas avoir de la musique continuellement.
En conclusion, The Mangler 2 est une purge de A à Z. Aucun lien avec la nouvelle de Stephen King ou le film de Tobe Hooper. Un scénario bidon et qui ne comprend rien à son sujet de base : l'informatique. Des personnages détestables et aux discussions lunaires pour un ramassis de clichés sans queue, ni tête. Une mise en scène inexistante et quand elle teste quelque chose c'est pour insérer un Powerpoint. Aucune tension, ni côté horrifique dans les mises à mort. Et une musique électro en continue cassant toute tentative d'immersion. Indéniablement l'un des plus mauvais film que j'ai pu voir.
The Mangler Reborn de Erik Gardner et Matt Cunningham : Fauché, sans idée et âme !
Hadley est un réparateur qui découvre des morceaux de la presseuse de blanchisserie industrielle Blue Ribbon et la reconstruit. La presseuse prend possession de son esprit et Hadley enlève plusieurs femmes pour nourrir la machine. Deux cambrioleurs pénètrent une nuit chez Hadley.
Date de sortie : 2005
Actrices et acteurs principaux : Aimee Brooks, Reggie Bannister, Weston Blakesley
Scénario : Erik Gardner et Matt Cunningham
Durée : 84 minutes
Budget : 85 000 dollars
Nationalité : Etats-Unis
The Mangler Reborn constitue donc la deuxième tentative de créer une suite au film de Tobe Hooper. Est-ce que cette monture de 2005 arrive à faire honneur à la nouvelle de Stephen King ? Non et cent fois non. Il ne faut pas trop rêver : on se retrouve bel et bien avec un deuxième loupé, légèrement moins horrible que The Mangler 2.
Au moins, The Mangler Reborn fait l'effort par rapport au film précédent de se rattacher réellement au premier film et à l'oeuvre de Stephen King. Un lien bien ténu puisqu'il apparaît uniquement lors du générique - bien trop long par ailleurs - avec des coupures de journaux qui font comprendre que Hadley, le tueur possédé, a récupéré des pièces de la machine et c'est ce qui le mène à sa perte. Il y a même une petite photo furtive de Stephen King sur un des journaux qui défilent. Cela sera le seul point commun avec la nouvelle ou le premier film, parce que la machine n'a maintenant plus qu'un rôle d'instrument. On ne retrouve absolument pas le délire du pacte avec une entité du premier long métrage, ni même le côté gore et pulp de la nouvelle. C'est donc un simple gimmick pour justifier l'utilisation du nom et tenter d'attirer des spectateurs ; pour le reste ça pourrait être un film avec son propre univers que cela fonctionnerait parfaitement. Et n'attendez pas non plus que le film utilise l'horreur pour parler de faits sociaux comme le fait Stephen King.
The Mangler Reborn n'a rien à raconter. Tout le film repose presque entièrement sur le fait que des gens se retrouvent enfermés dans la maison de Hadley et meurent parce qu'ils sont idiots. Ce qui pourrait être le résumé de beaucoup de slasher, sauf que, dans ces films, il y un côté sauvage et inventif dans la manière de tuer les protagonistes, une action nerveuse ou encore des moments de tension et d'angoisse. The Mangler Reborn a décidé de faire sa propre sauce et nous présente donc les agressions sous Xanax. J'ai rarement vu des scènes d'attaque et de meurtre avec une telle mollesse, même Derrick ou Colombo ont des épisodes plus haletants que ce qui est proposé. Tout va à deux à l'heure. Le manque de budget se fait ressentir sur les coups de marteau (l'arme du tueur) : soit il est mousse, soit l'acteur doit y aller doucement pour ne pas assomer les autres acteurs , mais quoi qu'il en soit, je n'ai jamais vu des coups de marteau aussi faibles et mous dans un film. Cela donne un aspect terriblement ridicule à l'ensemble.
Au niveau des décors et de la direction artistique, c'est l'ennui le plus total également. Ils ont trouvé la maison la plus lambda du monde et il y a juste quelques traces de mains rouges sur le mur. La réalisation ne joue jamais avec son décor se contentant de plans bateaux, et les seuls moments où la caméra s'agite, c'est pour les trois passages de victimes dans la machine. Dans ces moments là, je ne sais pas pourquoi mais l'image devient un peu cradingue avec du grain. La machine qui n'a vraiment pas d'identité, alors que c'était le point le plus marquant du premier film, c'est juste un tapis avec des couteaux qui se plantent régulièrement dans la victime pour un minimum d'effusion de sang.
Evidemment que les personnages sont aussi inintéressants que possible et tous plus idiots les uns que les autres, pour permettre au tueur le plus nul du monde de réussir à les choper. Les réactions n'ont aucun sens, tout comme les péripéties. Ils n'ont rien à raconter, comme tout le reste. Seul l'un des personnages féminins a le droit à un peu plus d'attention, mais c'est pour offrir un moment poitrine sous la douche. Donc bon ce n'était vraiment pas nécessaire. Heureusement que le jeu des actrices et acteurs n'est pas catastrophique, ça permet de ne pas trop souffrir pendant la durée du film. Ce n'est pas du grand art, mais on aurait pu avoir bien pire sur ce genre de production. Si ce n'est l'acteur incarnant Hadley, Weston Blakesley, à qui on a dû demander de jouer le côté inexpressif d'un Michael Myers, mais dont le résultat ressemble plus à un mec qui se retient de se faire dessus qu'à un tueur en série.
Enfin au niveau de la technique, les réalisateurs s'ennuient tout autant que le spectateur : ils posaient leur caméra dans un coin et devaient dormir derrière. Pas de plans bien composés, ni même de mouvements un peu dynamique. Juste deux séquences où l'escalier est filmé en plan fixe et où des personnages sortent et rentrent dans le cadre en fonction de leur déplacement, mais rien qui ne possède un véritable sens cinématographique. La musique n'est pas en reste puisqu'on dirait des compositions libre de droit pour film horrifique.
En conclusion, The Mangler Reborn est mauvais sur tous les aspects. Un lien factice avec la nouvelle et le premier film pour justifier son titre. L'ennui est total avec une mollesse générale qui se dégage du long métrage. Tout est mou et fauché. L'histoire ne raconte rien avec des personnages sans personnalité. Aucune originalité dans la technique non plus, les réalisateurs s'étant endormis en même temps que leurs spectateurs.
Autres adaptations à venir et futur
Pas d'autres projets d'adaptation de la nouvelle La Presseuse n'est connue au moment de la rédaction de ce dossier. Ce qui n'est pas plus mal au vu de la qualité médiocre de celles-ci. En réalité, la nouvelle est sympathique, mais n'est pas un matériel suffissament fort et étirable pour constituer une source pertinente pour un film. Tout autre projet risque tout simplement de retomber dans les travers des tentatives précédentes.